30 Juin 2016

Le satellite traque la spartine anglaise dans le bassin d’Arcachon

Certains secteurs d’activité, recourant jusqu’ici à des moyens traditionnels, commencent à s’initier aux images satellitaires. C’est le cas de collectivités locales ou territoriales qui découvrent les avantages de ces nouveaux outils en termes d’efficacité, de coût et de temps.

Virginie Lafon, ingénieur dans la toute jeune entreprise I-Sea, témoigne de cette évolution dans une étude réalisée pour le Bassin d’Arcachon.

"C’est tout à fait récent que des gestionnaires de collectivités territoriales orientent les prestataires de service vers l’utilisation d’images satellite dans un marché public pour traiter un problème d’environnement" commente-t-elle.

En effet, désireux d’améliorer la qualité environnementale de ce territoire, en termes de biodiversité, les gestionnaires du bassin d’Arcachon ont ouvert un marché public auquel I-Sea, formée à la biodiversité dans les zones humides littorales, s’empressait de répondre. 

Mise en place d’une méthodologie

L’étude portait plus précisément sur la spartine anglaise, une plante aquatique mal aimée par les vacanciers mais prisée par les biologistes qui apprécient sa capacité à rehausser le niveau du sable sur le littoral. Pour répondre à cette demande d’état des lieux, I-Sea a procédé méthodologiquement, s’appuyant sur les résultats scientifiques de plusieurs projets. Dans un premier temps, une étude de terrain permettait d’effectuer des mesures de sédiments, végétation, sable, huîtres…  et de répéter ce travail pour chaque saison. Dans un second temps, l’adéquation entre les données au sol et les images satellites était vérifiée. Enfin, des cartes de la biodiversité étaient produites par des méthodes de classification très subtiles.

L’apport du satellite

L’apport du satellite à ce genre d’étude est considérable. En effet, sur un territoire comme le bassin d’Arcachon, un repérage au sol nécessiterait de longs mois de travail et des moyens humains de grande ampleur. L’image satellite couvrant tout le territoire, y compris ceux inaccessibles au piéton, revient moins cher et l’exploitation des données est bien plus rapide.

On perd un peu en précision sur le terrain… mais on gagne tellement en coût !

conclut Virgine Lafon.

Forte de cette expérience, I-Sea poursuit sa collaboration avec le CNES au travers de nouveaux projets de R&D et avec l’appui de nouveaux moyens grâce à la mise en orbite des satellites Sentinel 1 et 2.